La voix intérieure de Rodin
La voix en tant que médium représente un investissement sublimatoire dont certains sujets peuvent même en faire le centre de leur existence. Il y a dans le travail sur la voix un processus d’influence qui joue en profondeur sur la transformation de l’affect.
Lacan nous dit que le petit homme a besoin d‘être reconnu, d’être parlé et en même temps, il risque de confondre les représentation de lui-même que les autres (d’abord sa famille) lui renvoient son image avec son être propre. La voix permet de se décoller de l’identification aliénante que les autres font de vous. Nous sommes tous happés par le désir de l’autre à être, dans le chant il est d’ordre centripète car il est du désir intérieur à l’autre. Elle est de l’ordre de l’invocation, de la prière, d’un un appel au secours Dans la demande le sujet est en position de dépendance par rapport à l’autre d’exaucer l’objet du désir donc l’autre exerce un certain pouvoir quant au refus ou l’acceptation de l’exaucer. Pour ce qui concerne le sujet invoquant, il n’est pas lié au bon vouloir de l’autre à advenir. C’est la réponse de la mère qui va donner un sens à l’appel de l’enfant. Ainsi la voix de l’autre au travers du sens des mots permettra de faire le deuil du cri initial avec la parole . La voix en tant que cri devient l’objet perdu que la peur ou la douleur viendra déterrer. Elle est en quelque sorte la demande et l’offre. Par l’invocation, le sujet est appelé à exister .Le cri du bébé sera refoulé et celui-ci devra en être castré. Cette castration devient « symboligène » par l’intelligibilité et le sens de la parole de l’autre qui l’invite à advenir comme parlant. Il devra être sourd à sa voix comme s’il y avait un point de surdité acquis par le refoulement originaire nécessaire pour pouvoir entendre et parler, ce qui n’empêche pas qu’il reste un individu invoquant. Si l’enfant n’a pas de réponse à son cri, il risque d’être figé dans ce cri originel, ne laissant plus place à l’apprentissage de la communication qui passe par la parole articulée .
La voix chantée traverse et transperce comme un phallus et va engendrer l’oreille pour donner
naissance à un être sans cesse renouvelé. C’est ainsi que le chant nous sculpte, nous façonne, nous fascine. Comment ne pas parler de la voix et de
son accès direct au symbolisme, car elle n’est pas visible comme le regard.
La toux est également une manifestation de la voix non articulée. Toute dysphonie également est un témoignage laryngé d’une souffrance refoulée remise en exergue dans le conscient par le larynx
comme zone érogène.
Poser notre voix c'est apprendre à se poser ici et maintenant et de s'approprier sa voix comme vecteur de la parole. C'est apprendre à maîtriser un outil pour qu'il ne reste pas aléatoire, mais
lui donner un sens propre à l'expession. Elle permet d'asosir les fondements de notre moi.
Elle est toujours perçue comme une forte décharge affective. Les hallucinés disent toujours entendre des voix. On a découvert que la survenue des hallucination auditives étaient contemporaines de mouvement laryngé que les schizophrènes qui en souffrent ont très souvent des anomalies dans la structure du gyrus temporal et que le phénomène hallucinatoire s’accompagne de potentiels évoqués auditifs anormaux dans le tronc cérébral. Mieux ! Des finlandais viennent de prouver que l’on peut détecter les hallucinations là où elles sont entendus par le malade, c’est à dire dans le cortex auditif lui-même (retard de 20 ms de l’onde N100 dans le cortex supratemporal) (tiihonen, 1992). L’halluciné entend bien des voix, mais elles viennent de l’extérieur vers les structures limbiques.
Les rêves sonores et musicaux dans la tête, correspondent au déploiement d’un espace musical interne. L’autiste qui chantonne n’a plus besoin de se faire l’écho de l’environnement car il joue avec un espace sonore intériorisé. Dans le rêve la voie se charge de sens car elle est à la fois anatomique et immatérielle
Racker expose le cas d’une analysante qui dans sont rêve placée devant le danger de mourir se mit à chanter : Et c’est ce qui la sauva ! Le chant paraît comme une défense à l’égard du persécuteur contre l’anxiété paranoïde. L’agression interne par le chant est projetée à l’extérieur. Le chant est non seulement une défense mais un refuge en un objet idéal. Qui ne s’est pas encouragé de la voix pour affronter une angoisse
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